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L’esthétique et le nombre d’or

mercredi 17 avril 2002

Un test a été pratiqué à de nombreuses reprises, sur des populations très différentes, dans le monde entier. Il s’agit de demander aux personnes interrogées de choisir, parmi tous les rectangles dessinés sur une feuille, celui qu’il préfèrent. Plus de 95% des réponses désignent instantanément le rectangle d’or, c’est-à-dire le rectangle dont le rapport entre la longueur et la largeur est égale au nombre d’or, 0, 618.
Ce nombre particulier, découvert par l’inventeur des mathématiques, Pythagore, au VIème siècle avant J. C., correspond à une proportion qui, outre ses propriétés mathématiques exceptionnelles, possède des qualités esthétiques universelles. L’architecture, la peinture, la sculpture de la Grèce classique, celles de la Renaissance italienne et française utilise largement cette proportion que l’on nomma alors la divine proportion tant elle donne un sentiment de perfection à qui la contemple.
Sans rien savoir de cette proportion des milliers de gens ont choisis spontanément le rectangle d’or. C’est un peu comme si notre cerveau était capable de percevoir le nombre d’or et qu’il nous faisait, alors, ressentir cette reconnaissance comme un plaisir esthétique. Ce type de perception immédiate, globale, mathématique et esthétique est typiquement une fonction de l’hémisphère droit.
Le professeur Singh, psychologue à l’université d’Austin au Texas, mène depuis de nombreuses années une recherche sur la détermination de l’attirance des sexes chez les humains. Il vient de découvrir que, pour un homme, le véritable critère d’attirance chez une femme est le rapport entre le tour de la taille et le tour des hanches et que le rapport idéal se situe entre 0,6 et 0,7. De tous temps l’homme choisi sa compagne avec le désir, conscient ou inconscient, de procréer, aujourd’hui encore, malgré les apparences. Dès lors l’attirance qui conduit au choix d’une compagne cache le fait de trouver une femme en bonne santé capable de donner de beaux enfants. On a pensé longtemps que le choix des hommes se portait sur des femmes plutôt potelées qui apparaissaient en meilleur santé et plus fertiles. On pensait aussi que les hommes ne regardaient qu’un seul élément du corps, la poitrine, les fesses ou les jambes. Mais pour le professeur Singh l’important est la façon dont la graisse se répartie. "Lorsqu’elle se localise dans le bas du corps, dit-il, on obtient la forme classique en sablier et la réalité du déclic de la beauté devient le rapport entre deux éléments qui sont la taille et les hanches." Contrairement à une idée reçue les seins ne sont pas déterminants, ils peuvent apparaître avant la puberté et demeurent après la ménopause. En revanche le déclic est lié à la fonction hormonale qui agit sur le rapport taille / hanche. Celui-ci n’est pas le bon avant la puberté et s’estompe à la ménopause. Enfin, puisqu’il s’agit d’une proportion, des femmes corpulentes peuvent très bien avoir le bon ratio, comme, par exemple, les femmes de Rubens, qui, bien enrobées, ont un ratio de 0,62, comme la venus de Milo qui date de 3 500 ans ou encore comme les bas reliefs découverts en Dordogne qui eux sont vieux de 5 500 ans ! Brigitte Bardot, Demi Moore, Cindy Crawford ou Marilyn Monroe, ont un ratio taille / hanches compris entre 0,6 et 0,7. Toutefois, Marilyn, avec un ratio de 0,62, est la plus proche du nombre d’or. Ce signal inconscient qui permettait aux hommes de se choisir une compagne est, peut-être, devenu au cours de l’évolution un critère de beauté parfaite pour l’homme, qui aurait pu l’étendre alors à d’autres domaines comme la peinture, la sculpture, l’architecture ou encore la musique lorsqu’on sait que le rapport des sonorités d’un accord de tierces, dit accord parfait, est voisin de 0,6. Ainsi le nombre d’or serait la proportion qui suscite spontanément un sentiment de beauté parfaite pour l’homme.